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Zone libre
Pendant la Seconde Guerre mondiale, l'armistice signé le 22 juin 1940 entre l'Allemagne et la France vaincue prévoit la division du territoire français en zone libre et zone occupée.
La zone libre est le nom donné à la partie de la France non-occupée par les allemands. Elle est placée sous l'autorité du Régime de Vichy, dirigé par le Maréchal Pétain. La zone est envahie le 11 novembre 1942 par les allemands et les italiens suite au débarquement allié en Afrique du Nord.
La zone libre regroupait un territoire de 246 618 km² (soit 45 % du territoire français) et 33 % de la population active
La zone libre était surnommée la zone nono, pour non occupée. Par un jeu de mot franco-allemand, la zone occupée était de ce fait appelée zone jaja.
Voir aussi
- Zone occupée
- Régime de Vichy
Catégorie:Régime de Vichy
Catégorie:Résistance
France
La France est un pays dont le territoire métropolitain est situé en Europe occidentale. Elle est membre de l'Union européenne, ainsi que de la zone euro et de l'espace Schengen. Elle est membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies.
Historiquement et constitutionnellement, les valeurs qu'elle défend et auxquelles elle est très attachée se fondent sur les Droits de l'Homme.
Militairement, elle est membre de l'OTAN (elle s'est retirée en 1966 de l'organisation militaire intégrée pour y revenir partiellement en 2002) et dispose de la dissuasion nucléaire.
Géographie
Articles détaillés : Géographie de la France ~ Environnement en France
Environnement en FranceSi la France métropolitaine est localisée en Europe occidentale, la France possède aussi des territoires en Amérique du Nord, dans les Antilles, en Amérique du Sud, dans l'Océan Indien, dans le nord et le sud de l'Océan Pacifique, et en Antartique.
Histoire
Article détaillé : Histoire de France
La France actuelle occupe la majeure partie des anciennes Gaules celtiques, puis romaines, mais elle tire son nom des Francs, un peuple germanique qui se forma tardivement et s'installa sur les terres de l'Empire romain.
La majeure partie des régions constituant la France actuelle fut unifiée sous Clovis en 507 (réunion sous la domination franque, ou regnum francorum, des Alamans, des Burgondes et des Wisigoths au nord des Pyrénées). Ce « royaume des Francs » que l'on appelait encore la Gaule garda conscience de son unité et de sa romanité culturelle. Mais il fut partagé puis réuni à de multiples reprises au gré des héritages de la dynastie des Mérovingiens. Les parties de ce royaume s'appelaient Neustrie (Paris), Austrasie (Metz), Bourgogne (Chalon), Aquitaine (Toulouse).
Une deuxième dynastie franque, celle des Carolingiens, supplanta la précédente au milieu du et étendit considérablement le royaume des Francs, bientôt érigé en Empire. Après la mort de Charlemagne, l'empire des Francs fut partagé en trois : la Francia orientalis (à l'est), la Francia occidentalis (à l'ouest) et entre les deux l'éphémère Lotharingie. La partie orientale correspondait à ce qui devint plus tard l'Allemagne et la partie occidentale, à la France. C'est de 842, avec les serments de Strasbourg passés entre les petits-fils de Charlemagne, que date la source la plus ancienne attestant l'usage de deux langues différentes de part et d'autre du Rhin (le tudesque et le roman). Ce texte a donc souvent été présenté comme l'acte fondateur de la France (et de l'Allemagne).
Les descendants de Charlemagne — les Carolingiens — régnèrent sur les territoires correspondant à la France jusqu'en 987, date à laquelle le duc Hugues Capet fut couronné roi de France et fonda une nouvelle dynastie. Les descendants de ce dernier, les Capétiens, étendirent progressivement le domaine royal, consolidèrent l'État français à partir de la fin du et régnèrent sur la France jusqu'en 1792, lorsque Louis XVI fut déposé lors de la Révolution française, et durant un intermède de trente ans, de 1814 à 1848.
À la suite de la Révolution de 1789, la monarchie absolue fut renversée et la monarchie parlementaire fut mise en place les 3 et 14 septembre 1791 mais le 10 août 1792, celle-ci fut renversée.
La première République fut proclamée le 24 juin 1793 par la Constitution de l'an I mais celle-ci ne fut jamais mise en pratique. Le pouvoir était en réalité détenu par un gouvernement révolutionnaire. Le 22 août 1795 la Constitution de l'an III est promulguée, c'est le Directoire. Puis, le 13 décembre 1799, la Constitution de l'an VIII est promulguée instaurant le Consulat et une confusion des pouvoirs. Elle est suivi le 18 mai 1804 de celle de l'an XII, mettant en place le premier Empire. Sous le Premier Empire, la France contrôla brièvement la majeure partie de l'Europe mais s'épuisa dans sa lutte contre le Royaume-Uni, la Prusse, l'Autriche et la Russie.
À la fin du premier Empire, en 1814, la monarchie est rétablie avec la Charte du 4 juin 1814. Napoléon I revient au pouvoir d'avril à juin 1815 mais après cette période de Cent-Jours le roi, Louis XVIII, est réinstallé définitivement sur son trône. Le 14 août 1830, à la suite de la révolution des Trois Glorieuses, qui eut lieu les 27, 28 et 29 juillet 1830, une nouvelle Charte est promulguée.
En 1848, la monarchie est une nouvelle fois renversée et la deuxième République est promulguée le 4 novembre. C'est un régime présidentiel qui est instauré.
Le 2 décembre 1851, le président de la République, Louis-Napoléon Bonaparte, commet un coup d'État. Le 14 janvier 1852, il se fait nommer empereur sous le nom de Napoléon III. Sous le Second Empire, le pays connut les débuts de la deuxième industrialisation. Le Second Empire se termine en 1870 après la défaite, à Sedan, de la France contre la Prusse.
De mai à septembre 1870 c'est un retour au régime parlementaire.
En février 1871 est promulguée la troisième République. Celle-ci est un régime d'assemblée jusqu'aux lois constitutionnelles des 24-25 février et 16 juillet 1875. À la suite de ces trois lois constitutionnelles est mis en place un régime parlementaire orléaniste. Sous la Troisième République, la France possédait un vaste empire colonial (ouest de l'Afrique-Indochine). La III République prend fin le 10 juillet 1940 après le vote des pleins pouvoirs au maréchal Pétain pendant la Seconde Guerre mondiale. Celui-ci met en place les actes constitutionnels jusqu'en 1944.
Sortie victorieuse mais au prix de souffrances démographiques et économiques immenses de la Première, puis de la Seconde Guerre mondiale, la France a ensuite la chance de se trouver du côté ouest du rideau de fer pour bénéficier de l'expansion des Trente glorieuses.
À la suite de la Seconde Guerre mondiale, la quatrième République est promulguée le 27 octobre 1946 mais celle-ci n'arrive pas à faire face à la décolonisation de l'Indochine et de l'Algérie principalement.
La constitution de la V République, rédigée sous l'influence de Charles de Gaulle et de Michel Debré, est adoptée 4 octobre 1958. Elle met en place une république semi-parlementaire qui s'avère mieux résister aux instabilités que les républiques parlementaires précédentes.
Depuis les années 1960, la réconciliation, puis la coopération avec l'Allemagne ont permis à la France de jouer un rôle de moteur dans la construction européenne, notamment avec la Communauté économique européenne. Aujourd'hui, elle est l'un des principaux pays de l'Union européenne, partisane d'une Europe politique forte.
Politique
Article détaillé : Politique de la France
La France est une République démocratique à régime semi-présidentiel.
Avant 1962, le Président de la République française était élu au suffrage universel indirect par un collège électoral élargi. Celui-ci était élargi pour éviter la prépondérance du pouvoir législatif sur le pouvoir exécutif qui s'était produit sous IV République et qui avait provoqué le blocage des institutions. En novembre 1962, le président de la République a demandé par référendum qu'il soit élu au suffrage universel direct, en utilisant l'article 11 de la Constitution et non l'article 89 de celle-ci. L'article 11 permet de soumettre au référendum des lois sur les pouvoirs publics, sur l'organisation des institutions ou encore sur les traités internationaux tandis que l'article 89 permet de soumettre une révision constitutionnelle au peuple mais après l'accord du Parlement réuni en Congrés. Ce choix a entrainé le renversement du gouvernement Pompidou par une motion de censure. Cette motion de censure est la seule de la V République à avoir réussi.
Dans la Constitution de la V République, le pouvoir exécutif est renforcé au détriment du pouvoir législatif.
Le président a acquis des pouvoirs propres tels que le droit de dissolution de l'Assemblée nationale (article 12 de la Constitution), le droit de soumettre au peuple un référendum (article 11 de la Constitution), le pouvoir de nommer le Premier ministre (article 8 de la Constitution) ou encore le droit de message au Parlement (article 18 de la Constitution).
En ce qui concerne le gouvernement, celui-ci détermine et mène la politique de la nation. Il dispose également du pouvoir réglementaire lui permettant de faire adopter des lois. Il fixe également les 3/4 des ordres du jour à l'Assemblée Nationale.
Depuis la réforme constitutionnelle de 2002, le Président de la République est élu pour cinq ans au suffrage universel direct. Il nomme le Premier ministre.
Le Parlement est constitué de l'Assemblée nationale, réunissant 577 députés, et du Sénat, comprenant actuellement 331 sénateurs (346 en 2010) élus pour six ans au suffrage indirect et renouvelé de moitié tous les trois ans (à partir de 2010). Les Français de l'étranger voient leurs intérêt défendus auprès du Parlement par l'Assemblée des Français de l'Étranger.
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Voir aussi : Liste des présidents de la République française
Économie
Article détaillé : Économie de la France
La France est la 4 puissance économique mondiale, derrière les États-Unis, le Japon et l'Allemagne avec un PIB de 2450 milliards de dollars (valeur 2004 au prix et taux de change courants). Ce montant est très proche de celui de la Grande-Bretagne (2124,5 milliards de dollars) qui est juste derrière en 5 ème place, le classement variant selon les taux de change entre le dollar, l'euro et la livre sterling. Toutefois, son rang européen pour le PIB par habitant n'est que 9 sur 15 d'après Eurostat, l'organe officiel des statistiques européennes.
Elle est le quatrième exportateur mondial, le premier pour les services, le second pour les produits agricoles et agro-alimentaires, derrière les Etats-Unis. Elle est la première destination touristique mondiale avec plus de 80 millions de visiteurs par an.
L'économie française est principalement une économie de services, que certains estiment en voie de désindustrialisation. Le secteur tertiaire occupe 72 % de la population active, tandis que le secteur primaire (agriculture, pêche) n'en représente plus que 4 % et le secteur secondaire (industrie) 24 %.
Le taux de chômage a progressé de 0,9 % en janvier 2005 pour s'établir à 2,716 millions de demandeurs d'emploi (10 % de la population active). Ce chômage structurel est l'un des plus élevés d'Europe, alors que depuis 30 ans ce problème est officiellement la priorité gouvernementale quel que soit le parti au pouvoir. Le chômage touche particulièrement les Français d'origine étrangère.
Le déficit commercial pour avril 2005 est de 3,2 milliards d'euros. Entre avril 2004 et avril 2005, il représente 17,4 milliards d'euros (source : Le Monde, 10 juin 2005).
La dette publique selon les critères de Maastrichts se monte à 1066 milliards d'euros pour 2004 soit 67 % du PIB et le déficit annuel à 3,0 % du PIB. Selon les nouvelles normes comptables internationales qui imposent de retraiter tous les engagements hors bilan comme de la dette présente, elle serait de 2 000 milliards d'euros.
Le déficit budgétaire français se creuse en avril 2005 : les dépenses ont augmenté et s'établissent à 108,08 milliards d'euros ; les recettes ont diminué à 77,520 milliards d'euros. D'après le ministère des finances, le déficit s'établit à 42,250 milliards d'euros en avril 2005.
Voir aussi : Liste des grandes entreprises françaises
Démographie
Article détaillé : Démographie de la France
Démographie de la France (chiffres de la FAO, 2005). Population en milliers d'habitants.]]
Religion
Voir aussi : :Catégorie:Religion et mouvement religieux en France
- Par principe, l'État s'interdit en France les recensements à caractère religieux. L'une des études faisant foi dans ce domaine est celle menée tous les trois ans par l'institut CSA. En 2004, l'enquête sur un échantillon de 18 068 personnes, indique que 27 % des Français se déclarent athées et 64,3 % catholiques (69 % en 2001), soit environ 30 millions d'adultes contre seulement 4 millions d'adultes pour toutes les autres religions. La majorité de ceux qui se déclarent catholiques ne sont pas pratiquants.
- Un sondage IFOP d'avril 2004 indique que 44 % des Français déclarent ne pas croire en Dieu. Il n'étaient que 20 % en 1947.
Culture
Articles détaillés : Culture de la France ~ Langues régionales
|+ Fêtes et jours fériés
! Date !! Nom !! Remarques
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| Jour de l'an
| Sainte Marie, mère de Dieu et reine du monde (Circoncision de Jésus-Christ, avant le Concile Vatican II)
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| Lundi suivant le dimanche de Pâques.
| Lundi de Pâques
| Pâques est le premier dimanche qui suit la première pleine lune de printemps.
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| || Fête du Travail
| Traditionnellement le jour de nombreuses manifestations syndicales et politiques en France
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| 8 mai
| Commémoration de la capitulation allemande en 1945
| Commémoration de la fin de la Seconde Guerre mondiale en Europe.
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| Jeudi 40 jours après Pâques || Ascension
| Jésus ayant rassemblé ses fidèles rejoint son père aux cieux
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| Septième dimanche après Pâques et le lundi suivant.
| Pentecôte (et Lundi de Pentecôte)
| Descente du Saint-Esprit parmi les apôtres.
Même si cette journée est encore reconnue comme fériée, le Lundi de Pentecôte a été choisi (sauf arrêté ou arrangement salarial) comme journée de solidarité et est donc depuis 2005 considéré comme travaillé (sans rémunération)
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| 14 juillet || Fête nationale
| Commémoration de la prise de la Bastille en 1789 et de la Fête de la Fédération du 14 juillet 1790.
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| 15 août || Assomption
| Transport au ciel de la très sainte Vierge Marie
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| Toussaint || Fête de tous les saints
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| 11 novembre
| Commémoration de l'armistice de 1918
| Commémoration de la fin de la Première Guerre mondiale
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| 25 décembre || Noël || Naissance de Jésus-Christ
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| 26 décembre || Saint Étienne|| Jours fériés supplémentaires spécifiques aux départements de la Moselle, du Bas-Rhin et du Haut-Rhin
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| Avant-veille de Pâques || Vendredi saint
| rowspan="2" | Jours fériés supplémentaires spécifiques aux départements de la Moselle, du Bas-Rhin et du Haut-Rhin
|{{{{{{e{Commons|Category:France|la France{wikiquote|France{wikitravel|la France|France{fr{fr{fr{fr{fr{fr{fr{fr{fr{fr{fr{en{fr{fr{Pays d'Europe (UE){Portail France
Allemagne
L'Allemagne (nom officiel en français : République fédérale d'Allemagne) est un pays d'Europe, membre du Conseil de l'Europe (1951), de l'OCDE, de l'Union de l'Europe Occidentale (1954), de l'OTAN (1955), de l'Union européenne (1958), de l'ONU (1973), de l'OSCE et de la zone euro.
Histoire
Article détaillé : Histoire de l'Allemagne
Même si l'allemand et le sentiment national germanique datent de plusieurs siècles, le territoire connu maintenant comme l'Allemagne ne fut créé qu'en 1871, lorsque la Confédération de l'Allemagne du Nord, alors dominée par la Prusse, et les États du sud (le grand-duché de Bade, les royaumes de Wurttemberg et Bavière) devinrent l'Empire allemand.
L'Allemagne, qui était devenue une des puissances politiques majeures en Europe s'engagea dans la Première Guerre mondiale aux côtés de l'Autriche-Hongrie (1914) et envahit la France. Après les premiers assauts, la guerre s'orienta vers une longue et lente guerre de position dans les tranchées, meurtrière d'un côté comme de l'autre. Elle prit fin en 1918, et l'empereur allemand, le Kaiser dut abdiquer en raison de la révolution allemande. Lors du traité de Versailles, l'Allemagne fut jugée responsable de la guerre.
Le pangermanisme dévoyé en un nationalisme raciste, le ressentiment contre les conditions du traité de Versailles et les conséquences particulièrement dures de la crise économique mondiale de 1929 permirent au NSDAP (parti nazi) d'Adolf Hitler d'accéder au pouvoir en 1933. Aussitôt, Hitler élimina toute opposition et prit le contrôle absolu de l'État allemand. En 1935, l'Allemagne devint officiellement antisémite en promulguant les lois de Nuremberg. La politique d'Hitler consistant à annexer ou envahir ses voisins finit par provoquer la Seconde Guerre mondiale le 1 septembre 1939.
L'Allemagne domina le début du conflit. Elle conquit une grande partie de l'Europe, de l'URSS, de l'Afrique du Nord. Mais en 1942-1943, la guerre tourna au profit des pays alliés : le Royaume-Uni, les États-Unis, l'URSS qui écrasèrent finalement les armées de l'Axe, envahissant notamment Berlin. Le 30 avril 1945, Hitler se suicida.
1945
Dévastée par la guerre, l'Allemagne et Berlin furent divisés en quatre secteurs, chacun étant contrôlé par une des nations vainqueurs (y compris la France). L'Allemagne fut finalement divisée en deux parties durant toute la guerre froide : la RFA (République fédérale d'Allemagne) à l'ouest et la RDA (République démocratique allemande) à l'est. Les territoires plus à l'est furent intégrés à la Pologne et à l'URSS.
L'Allemagne de l'Ouest retrouva la croissance économique bien plus vite que l'Allemagne de l'Est. À la chute du mur de Berlin, symbole de la réunification de l'Allemagne, en novembre 1989, les deux pays ne possédaient pas du tout le même niveau économique. Cette différence se ressent aujourd'hui encore et l'Est reste plus pauvre que l'Ouest. Le coût de la réunification a entraîné d'importantes difficultés économiques pour le pays depuis les années 1990. Son unification a cependant permis d'en faire une nation politiquement incontournable au sein de l'Union européenne.
Géographie
Union européenne
Article détaillé : Géographie de l'Allemagne
Superficie : 357 005 km²
Frontières terrestres : 3 618 km (Autriche 784 km ; Tchéquie 646 km ; Pays-Bas 577 km ; Pologne 456 km ; France 451 km; Suisse 334 km ; Belgique 167 km ; Luxembourg 135 km ; Danemark 68 km)
Littoral : 2 389 km
Extrémités d'altitude : - 2 m > 2 962 m (la Zugspitze)
Voir aussi:
- Liste des îles d'Allemagne
- Villes d'Allemagne
Économie
Article détaillé : Économie de l'Allemagne
L'Allemagne enregistre le plus grand PIB de l'Union européenne. La Commission européenne lui a reproché à plusieurs reprises le dépassement des 3 % de déficit autorisé par le Traité de Maastricht. Le taux de chômage est de 11.5 % en novembre 2005 (11 % janvier 2004, 12.1 % en janvier 2005) et le nombre de chômeurs s'élève à plus de 5 millions.
Avant la mise en place de l'euro le 1er janvier 1999, l'unité monétaire allemande était le Deutsche Mark.
Démographie
Deutsche Mark
Article détaillé : Démographie de l'Allemagne
Le pays une fois réuni est devenu démographiquement la nation la plus importante de l'Union européenne. Cependant, sa population vieillit et décroît naturellement, et seule l'immigration empêche une baisse de la population.
Population : 83 029 536 habitants (en 2001). 0-14 ans : 15,57 % ; 15-64 ans : 67,82 %; + 65 ans : 16,61 %
Densité : 232 hab./km²
Espérance de vie des hommes : 75 ans (en 2000)
Espérance de vie des femmes : 81,1 ans (en 2000)
Taux de croissance de la pop. : 2,7 ‰ (en 1997)
Taux de natalité : 9,16 ‰ (en 1997)
Taux de mortalité : 10,42 ‰ (en 1997)
Taux de mortalité infantile : 4,71 ‰ (en 2001)
Taux de fécondité : 1,4 enfants/femme (en 2001)
Taux de migration : 4 ‰ (en 2001)
Personnes d'origine musulmane : 3,2 millions dont 2,5 millions sont turcs (2004)
Culture
Article détaillé : Culture de l'Allemagne
L'Allemagne est la terre natale de compositeurs tels Beethoven, Bach, Brahms, Schumann, Wagner ou Carl Orff; de poètes tels Goethe, Schiller et Heine ; de philosophes tels Kant, Hegel, Karl Marx et Nietzsche, théologiens tels Luther et Bonhoeffer, d'écrivains tels Hermann Hesse, Thomas Mann et Grass ; de scientifiques tels Einstein, Born, Planck, Heisenberg, Hertz et Bunsen; et d'ingénieurs tels Otto, Daimler, Benz, Diesel et Linde.
- Langues régionales d'Allemagne
- Fêtes et jours fériés d'Allemagne
- Hymne national : Das Lied der Deutschen
Les grandes organisations du culte en Allemagne sont la Evangelische Kirche in Deutschland et l'Église catholique romaine. La troisième organistion du culte est l'église orthodoxe grecque. L'église orthodoxe serbe est la sixième organisation du culte en Allemagne. La quatrième organisation du culte en Allemagne est l'Église apostolique arménienne. Plus connus sont les Témoins de Jéhovah, qui sont en 5 place.
- Liens vers des statistiques sur les religions en Allemagne: [http://www.remid.de]
Divers
Lignes de téléphone : 150,2 millions (en 1997)
Téléphones portables : 65 millions (en 2005)
Postes de radio : 77,8 millions (en 1997)
Postes de télévision : 51,4 millions (en 1998)
Utilisateurs d'Internet : 25 millions (en 2005)
Nombre de fournisseurs d'accès Internet : 123 (en 2000)
Routes : 656 140 km (dont 650 891 km goudronnés) (en 1998)
Voies ferrées : 40 826 km (en 1998)
Voies navigables : 7 500 km
Nombre d'aéroports : 613 (dont 322 avec des pistes goudronnées) (en 2000)
Voir aussi
Articles connexes
- Liste des noms français de toponymes allemands
- Gouvernement Angela Merkel(2)
- Liste d'Allemands célèbres
- Liste des quotidiens allemands
- Luftwaffe (Aviation militaire allemande)
- La naissance du nationalisme allemand en Prusse au début du XIXème siècle
Liens externes
- [http://lallemagneexpliquee.free.fr/ L'Allemagne expliquée : un site qui explique l'Allemagne, sa culture, ses traditions et les coutumes aux français]
- [http://www.bund.de/ Portail de l'administration allemande]
- [http://www.backinjob.de Travail en Allemagne]
- [http://www.amb-allemagne.fr/ Ambassade d'Allemagne en France]
- [http://www.deutschland.de/home.php?lang=3 Portail officiel culturel (en français)]
- [http://www.stadtpanoramen.de/ Des villes en images panoramiques]
- [http://fr.jurispedia.org/index.php/Allemagne Le droit allemand sur Jurispedia]
- [http://dw-world.de/ Deutsche Welle]
- [http://www.campus-germany.de/french Études et recherche en Allemagne]
- [http://www.dwellan.biz/documents/tourisme-en-allemagne.html Le tourisme en Allemagne]
- , [http://katalogdeutsch.net Katalog Deutsch] Annuaire de ressources pour l'Allemagne et la langue allemande]
-
als:Deutschland
fiu-vro:S'aksamaa
ja:ドイツ
ko:독일
ms:Jerman
roa-rup:Ghirmânii
simple:Germany
th:สหพันธ์สาธารณรัฐเยอรมนี
zh-min-nan:Tek-kok
Maréchal Pétain
Henri Philippe Pétain, habituellement désigné sous la dénomination de « Maréchal Pétain » (notamment pendant la Seconde Guerre mondiale) fut un militaire et un homme d'État français de la première moitié du .
Né le 24 avril 1856 à Cauchy-à-la-Tour dans le Pas-de-Calais, il meurt le 23 juillet 1951 à Port-Joinville durant son internement sur l'île d'Yeu en Vendée, où il demeure inhumé.
En tant que chef militaire, le Maréchal Pétain reste dans les mémoires comme le vainqueur de Verdun, mais en tant que chef de l'État, son nom est associé à l'armistice de juin 1940 et au régime de Vichy qui a collaboré avec zèle avec l'Allemagne nazie.
Biographie
Le 14 septembre 1920, il épouse civilement Eugénie Hardon, divorcée d'un peintre peu connu et devenue, semble-t-il, sa maîtresse pendant la guerre. Il n'aura pas de descendance. Il est à noter qu'il l'avait demandée en mariage en 1901, mais que la famille avait incité la jeune femme à décliner l'offre en raison de la différence d'âge (20 ans).
L'homme de Verdun
À 58 ans, en 1914, le colonel Philippe Pétain s'apprête à prendre sa retraite après une carrière militaire un peu terne. Ses origines paysannes sont modestes et son passage à Saint-Cyr, à partir de 1876, sans éclat. Quelques garnisons secondaires, aucune des campagnes coloniales et, en 1904, un modeste poste de professeur adjoint à l'École de Guerre où il se distingue cependant par des idées tactiques originales qui déplaisent d'ailleurs à Foch.
Humiliés par la défaite de 1870, les états-majors se montrent volontiers bravaches et revanchards. On y prône la guerre à outrance. Pétain, lui, préconise la prudence, la défensive et la guerre de position.
Dès le début de la guerre, à la tête d'une brigade d'infanterie, il se distingue en Belgique. Nommé général de corps d'armée, il réalise des actions d'éclat tout en se montrant soucieux d'épargner la vie de ses hommes dont il gagne le cœur. En février 1916, c'est lui qui commande les troupes françaises à Verdun et son charisme n'est pas étranger à l'issue glorieuse du combat, même si la ténacité de ses troupes, comme par exemple celle du commandant Raynal au Fort de Vaux, en a été le facteur décisif. Désormais, aux yeux de tous il est le « vainqueur de Verdun » mais cette appellation sera surtout exploitée plus tard : sous Vichy.
En 1917, le général Nivelle succède à Joffre à la tête des armées françaises. Son acharnement et l'apparente négligence du sang de ses hommes que certains lui ont reprochée contrastent avec la modération de Pétain. Elles ont certes abouti à la bataille du Chemin des Dames, le 16 avril. Mais les Français ont tenu, même si, sous les drapeaux, le mécontentement a grondé. Nivelle est renvoyé et Pétain se trouve être l'homme providentiel pour lui succéder et ramener la confiance des troupes, non sans faire fusiller, pour l'exemple, une partie des soldats mutinés.
Après la victoire, son prestige est immense et, le 19 novembre 1918, il est élevé à la dignité de maréchal de France, et reçoit son bâton de maréchal le 8 décembre 1918.
L'entre-deux-guerres
En 1919, Pétain est élu membre de l'[http://www.institut-de-france.fr/institut/acamor.htm Académie des Sciences morales et politiques]. Parcours classique pour les personnalités du temps. L'Institut rassemble de nombreux hommes politiques.
Le 20 juin 1929, il est élu à l'unanimité membre de l'Académie française, au 18 fauteuil, où il succède au maréchal Foch. Le 22 janvier 1931, il est reçu par Paul Valéry, dont le discours de réception - qui retrace sa biographie - se trouve dans Variété. Le discours rappelle et développe une phrase sur laquelle insistait Pétain : le feu tue, et comporte des considérations importantes sur la façon dont la mitrailleuse a modifié durablement les conditions du combat à terre et les règles de la stratégie. Le discours rappelle aussi les désaccords de vue, dans le respect mutuel, entre Pétain et Joffre.
Le 9 février 1934, il fut nommé ministre de la Guerre dans le gouvernement Doumergue, fonction qu'il occupa jusqu'au renversement du cabinet le 8 décembre 1934. Il préside par la suite le Conseil supérieur de la Guerre, où il laisse prévaloir la politique de guerre défensive et rejeter les propositions de guerre offensive, par concentration des blindés, du colonel de Gaulle et d'autres, dont les Allemands seront les seuls à tirer profit. Il porte ainsi sa part de responsabilité dans les choix tactiques français qu'il fustigera pourtant lui-même dans son discours radiodiffusé de juin 1940, s'en prenant aux gouvernements de la fin des années trente qui avaient pourtant affecté d'importants efforts budgétaires en matière militaire.
Le 2 mars 1939, Pétain est nommé ambassadeur de France en Espagne. Le 20 mars 1939, il présente ses lettres de créance au général Franco, chef de l'État espagnol, résidant alors à Burgos.
Le printemps 1940
Le 17 mai 1940, Pétain accepte sa nomination comme vice-président du Conseil dans le gouvernement Paul Reynaud, ce en quoi il ne tient pas compte des avertissements du général Franco, qui lui avait déconseillé de l'accepter (Franco, après avoir lui aussi hésité, allait refuser, un peu plus tard, d'engager l'Espagne aux côtés d'Hitler dans la guerre, privant Hitler du troisième front en France que souhaitait celui-ci; Franco refusa aussi aux troupes allemandes le passage par l'Espagne pour accèder à l'Afrique du Nord).
Le 14 juin 1940, Paris est occupé par l'armée allemande. Le gouvernement, le Président de la République et les Assemblées sont réfugiés à Bordeaux.
Le 16 juin 1940, Paul Reynaud présente la démission du gouvernement et suggère, suivi en cela par les présidents du Sénat et de la Chambre des députés, de confier la présidence du Conseil au Maréchal Pétain, choix aussitôt approuvé par le Président de la République Albert Lebrun.
Le 17 juin 1940, suivant en cela le conseil énoncé le 12 juin par le général Maxime Weygand, chef d'état-major des Armées, Pétain annonce son intention de demander l'armistice qui sera signé le 22 juin 1940 à Rethondes, puis approuvé par le Conseil des ministres et le Président de la République.
Le 29 juin 1940, le Gouvernement s'installe à Vichy, en zone non occupée par l'armée allemande.
Une loi constitutionnelle votée par les deux chambres (569 voix pour, 80 contre) réunies en Assemblée nationale au casino de Vichy donne tous les pouvoirs au Maréchal Pétain avec pour mission la promulgation d'une nouvelle Constitution qui ne verra jamais le jour. De sorte que l'État français allait rester durant toute sa durée un État provisoire.
De plus cette réforme fut inconstitutionnelle, car la compétence de révision, confiée par la constitution en vigueur de 1875 à l'Assemblée nationale, n'était pas la propriété de cette dernière, mais seulement sa fonction, et sa fonction exclusive. Ladite assemblée ne pouvait donc valablement ni déléguer cette fonction ni la transférer. Par ailleurs la confusion de tous les pouvoirs (constituant, législatif, exécutif et judiciaire) entre les mêmes mains, était totalement contraire au fondement même de la constitution de 1875, fondée sur une séparation souple des pouvoirs.
De 1940 à 1944 : le Régime de Vichy
Vichy
Du 10 juillet 1940 au 20 août 1944.
Dans l'effondrement moral où se trouve une France abasourdie, atterrée par sa défaite totale, elle cherche désespérément comment et avec qui retrouver son honneur perdu. Elle ne trouve alors à mettre à sa tête qu'un vieil homme dont les actes vont tendre à l'engager sur la voie du déshonneur. Dans l'immédiat, pour les Français qui endurent la pire misère morale, l'espoir donné par cet homme providentiel permet de survivre. Et c'est cet espoir qui va d'abord pousser les foules à soutenir spontanément le régime du vainqueur de Verdun, et à chanter Maréchal, nous voilà !.
Par la suite le prestige du Maréchal sera stimulé sans cesse par une propagande unilatérale et omniprésente : Les photos de Pétain figureront dans les vitrines de tous les magasins, sur les murs des cités, dans toutes les administrations, ainsi que dans tous les locaux scolaires et ceux des organisations de jeunesse.
La Troisième République est rendue responsable de la défaite de Juin 1940 par l'extrême-droite parlementaire et les activistes anti-républicains. Cette accusation rencontre sur le moment une forte audience auprès de certains Français, qui, traumatisés par ce désastre militaire, perdent de vue que leurs généraux ne sont peut-être pas non plus étrangers à la défaite.
C'est sous l'empire de cette mise en accusation de la Troisième République que le chef de file des accusateurs, Pierre Laval, a fait voter par le Parlement, le 10 juillet, les pleins pouvoirs (Constituant, Législatif, Exécutif et Judiciaire) à Philippe Pétain, qui devient chef de l'État.
Celui-ci va en profiter pour supprimer les libertés publiques, suspendre les partis politiques et unifier les syndicats dans un régime autoritaire, mais tourné vers le passé.
Vichy aime en effet les notables, les autorités traditionnelles et les bonnes gens qui ne font pas d'agitation, alors que nazisme et fascisme se présentent comme révolutionnaires, ennemis de la tradition et soucieux d'un embrigadement total de la population.
Pétain recourra lui-aussi à l'embrigadement. D'abord, il utilisera à cet effet la « Légion Française des Combattants » (LFC) auxquels seront agrégés les « Amis de la Légion » et les « Cadets de la Légion » n'ayant pas combattu, mais partisans inconditionnels du régime. Il sortira de cette légion un service d'ordre légionnaire (SOL), placé sous les ordres de Joseph Darnand, ancien combattant courageux, mais dévoyé. Pétain, après avoir fait l'éloge des SOL, leur conférera l'autonomie sous le nom de « Milice française », toujours sous les ordres de Darnand. Celui-ci deviendra par la suite Obersturmführer des SS, ce qui n'empêchera pas Pétain d'en faire son Secrétaire d'Etat au maintien de l'Ordre. Cette milice se placera sous les ordres des forces d'occupation pour lutter contre les maquis et rafler les victimes de délations.
D'autres moyens d'embrigadement seront également mis en place dans le domaine économique, comme les Comités professionnels d'Organisation et de Répartition, ayant un pouvoir de juridiction sur leurs membres, ou un pouvoir de répartition des matières premières, pouvoir capital en ces temps de restrictions généralisées. Il en sera de même dans le domaine social, avec la Charte du travail instaurant le système du syndicat unique, et le Corporatisme paysan.
Si malgré ce développement du pouvoir personnel, le maréchal s'était alors exclusivement consacré à la reconstruction de ce qui pouvait l'être (rapatriement des réfugiès, démobilisation, ravitaillement, maintien de l'ordre normal, et maintien de l'Unité nationale), ainsi qu'à l'exigence du respect par l'ennemi des conventions d'armistice, sa dictature aurait cependant été utile à la France. Malheureusement, dans les faits, il n'utilisa ses pouvoirs ni pour établir l'unité nationale, ni pour résister aux pressions de l'ennemi.
Dès l'été 1940, alors que les réfugiés sont encore sur les routes, il utilise ses pleins pouvoirs non pour reconstruire, mais pour déclencher immédiatement une véritable « chasse aux sorcières »: Il fait pleuvoir sans délai des suspensions de fonctionnaires mal-pensants, ou ayant eu des parents naturalisés, et adopte, dès octobre 1940 et sans aucune pression allemande sur ce point, des lois d'exclusion directement inspirées des lois hitlériennes contre les francs-maçons et les juifs (Voir article Régime de Vichy). Ces textes discriminatoires, adoptés à la hâte en octobre 1940 et beaucoup plus durs que ceux de l'Italie fasciste, seront complétés en 1941 par de nouvelles lois aggravées. Ainsi les Français de prétendue « race juive » (race tellement peu évidente que l'appartenance à celle-ci sera déterminée, non par des critères physiques, mais par la religion des parents) seront-ils exclus de la plupart de leurs fonctions et activités civiles, puis dépouillés de leurs biens. Les adolescents seront chassés des universités. Ce régime sera même aggravé en Afrique, où des milliers d'enfants juifs de 5 à 17 ans seront chassés de l'école, sans même un texte législatif, par une simple note de service n°343QJ du 30 septembre 1941, du général Maxime Weygand, avec l'appui du Recteur Hardy.
Bien entendu, il faut noter que, parallèlement, le régime de Pétain a aussi pris diverses mesures conformes à l'intérêt général, dont certaines fort importantes comme, par exemple, la création d'un ministère de la Reconstruction et l'unification du Permis de construire, ou d'autres, de portée plus modeste encore que non négligeable, comme l'interdiction de fumer dans les salles de spectacle.
D'autres mesures sur le plan social, ainsi que dans les domaines des sports et de la jeunesse, n'ont pas non plus été dépourvues d'utilité, comme les Chantiers de jeunesse ou les Compagnons de France, tout en étant détournées vers l'exaltation du régime de la Révolution nationale. Il faut signaler cependant qu'à partir de l'année 1943, une grande partie de ceux qui ont été formés dans les Chantiers de jeunesse et à l'Ecole des cadres d'Uriage entreront dans la Résistance.
Enfin, sur le plan de la politique extérieure, Pétain, après avoir d'abord prétendu rester neutre dans le conflit en cours entre les Etats de l'Axe et la Grande-Bretagne, fut le principal artisan de la « Collaboration ».
Certes, l'armistice avait permis, en un premier temps, de limiter l'occupation allemande à la moitié nord et ouest du territoire. Mais l'autonomie de la zone sud ne fut qu'apparente, car Pétain, avec ou sans discussion préliminaire, allait se plier systématiquement aux exigences de l'ennemi. En voici quelques exemples:
- Pour commencer, Hitler propose à Pétain de collaborer dès l'entrevue de Montoire, du 24 octobre 1940. Hitler lui demanda "Dans quelle mesure le gouvernement français est-il disposé à entrer dans cette organisation (de lutte contre l'Empire britannique) et à collaborer avec elle ?" . La poignée de mains de Montoire, largement diffusée aux actualités cinématographiques, est exploitée par la propagande allemande (« Êtes-vous plus Français que lui ? »), sera reprochée fortement à Pétain, lors de son procès à la Libération. Parallèlement, au moment où Pétain rencontrait Hitler à Montoire, ses émissaires menaient secrètement des pourparlers à Londres avec le gouvernement anglais. En réalité, ce serrement de mains aurait pu être secondaire, s'il n'y avait été ajouté des actes:
- Il en fut ainsi de son discours radiodiffusé, par lequel il allait, lui-même et non Laval, appeler les Français à « collaborer » avec l'occupant, le 30 octobre 1940.
- Lorsque les Allemands mobilisèrent les Alsaciens-Lorrains, le 25 avril 1942, et les déclarèrent « citoyens allemands » le 30 août 1942, en violation flagrante de la Convention d'armistice, seule une timide protestation fut émise par Vichy. Encore ne fut-elle pas publiée, alors que cette grave violation aurait dû être véhémente, argumentée et portée à la connaissance du monde entier.
- Lorsque Darlan, successeur désigné du Maréchal, et ministre des Affaires etrangères, eut signé avec Abetz, le 6 mai 1941,le premier « Protocole de Paris » prévoyant la cession de la base aérienne d'Alep en Syrie à l'aviation allemande, et la livraison des 3/4 du matériel et des armements de l'armée française du Levant aux forces irakiennes en guerre contre les Anglais, Pétain intervint personellement pour que cet accord soit appliqué sans réserve (Voir annexe ci-dessous sur l'application en Syrie du Protocole de Paris).
- En Septembre 1942, le général Bridoux, ministre de Pétain fit entrer secrètement en zone « non occupée » 280 policiers allemands, qu'il avait muni de faux papiers français, pour y traquer les résistants.
- Lorsque les Alliés débarquèrent en Afrique du nord, le 8 novembre 1942,
- Pétain multiplia les ordres de les combattre à ses généraux d'Algérie et du Maroc, qui livrèrent 3 jours de combat sanglants aux Anglo-Américains. Si ces ordres ne furent pas exécutés à Alger ce fut parce que son XIXe corps d'armée fut neutralisé par une poignée de résistants civils, dont le putsch du 8 novembre 1942 permit aux alliés d'y débarquer sans opposition, d'encercler la ville et de la capturer le jour même (voir Opération Torch).
- Simultanément les amiraux et généraux de Tunisie livrèrent, sur l'ordre de Pétain, la Régence et la flotte de Bizerte à une poignée de généraux germano-italiens, sans un seul coup de feu.
- Quand, le 11 novembre 1942, les forces germano-italiennes envahirent la zone non occupée de la France, Pétain à nouveau ordonna personnellement aux officiers français de ne pas résister, ordre qu'ils exécutèrent, à part 2 ou 3 exceptions.
- etc.
Par exception, lorsque le port de l'Étoile jaune fut imposé aux juifs en zone occupée, cette mesure ne fut pas étendue par Pétain à la zone sud. Cependant Pétain ne protesta pas non plus contre l'application de cette mesure en zone nord, par les nazis, à la différence du Roi de Danemark (qui la porta et demanda à ses sujets de tous la porter), du Bailli de Jersey (petite île anglo-normande), et du Bey Moncef de Tunis, qui n'hésitèrent pas à refuser cette mesure à l'occupant.
Pétain resta au pouvoir quand, à la fin de 1942, les Allemands envahirent la zone sud pour répondre au débarquement américain en Afrique du nord, ce qui conduisit la flotte française à se saborder à Toulon, où elle était ancrée (à l'exception de quelques bâtiments qui prirent la mer pour rejoindre l'Afrique du nord). Pétain y perdit beaucoup de la popularité dont il jouissait depuis 1940 et la Résistance s'intensifia malgré l'organisation de la milice de Vichy qui collabora étroitement avec les nazis.
On a souvent allégué la sénilité de Pétain pour excuser son action. Mais c'est surtout en 1940-41, alors qu'il était en pleine forme, qu'il a déclenché les actes les plus néfastes (exclusions et collaboration). Ce mythe n'en a pas moins eu la vie dure. À vrai dire, ce fut seulement après la guerre que certains cherchèrent à expliquer les décisions du chef de l'État français par la faiblesse de l'âge.
Selon l'historien Robert Paxton, dans son ouvrage Vichy France, old Guard and New Order, 1972, les nazis se sont toujours méfiés du concept de « collaboration ».
Le 20 août 1944, le Maréchal fut enlevé et emmené contre son gré à Sigmaringen en Allemagne, où s'étaient réfugiés les dignitaires de son régime. Le 24 avril 1945 il décide de rejoindre la frontière Suisse puis se rend aux autorités françaises le 26 avril.
Le procès et la captivité
Le procès du maréchal Pétain débute le 23 juillet 1945 devant la Haute Cour de justice. Défendu par Jacques Isorni, Philippe Pétain déclare le premier jour qu'il a toujours été un allié caché du Général de Gaulle et qu'il n'était responsable que devant la France et des français qui l'ont désigné et non devant la haute cour de justice. De ce fait Philippe Pétain refuse de répondre aux questions qui lui seront posées. Seront entendues de nombreuses personnalités en tant que témoins à charge : Édouard Daladier, Paul Reynaud, Léon Blum, le pasteur Boegner, Pierre Laval ; à sa décharge et pour sa défense le général Weygand.
Le procès s'achève le 15 août 1945 à l'aube : la cour le déclare notamment coupable d'intelligence avec l'ennemi et de haute trahison, et le condamne à mort, à l'indignité nationale et à la confiscation de ses biens, assortissant toutefois cette condamnation du vœu de non-exécution de la sentence de mort, en raison de son grand âge.
Il existe au moins deux compte-rendus imprimés du procès : le Procès Pétain, par Geo London : avec 44 croquis d'audience de Jean Auscher. Lyon : Roger Bonnefon éditeur. Achevé d'imprimer le 10 février 1946. In-8 (225x145), 1084 p. (collection '« Les Grands Procès de la Guerre 1939-1945 ») et " le procès du Maréchal Pétain - Compte rendu sténographique" Collection des grands procès comtemporains - Albin Michel - 2 tomes - dépot légal Octobre 1945.
Eu égard au vœu de la Haute Cour de justice et peut-être également en raison des mérites passés du Maréchal, et de leur ancienne amitié, le général de Gaulle, chef du Gouvernement provisoire de la République, commua la sentence de mort en peine de réclusion à perpétuité.
Le Maréchal Pétain fut brièvement interné au Fort du Portalet, dans les Pyrénées, du 15 août au 16 novembre 1945, date à laquelle il fut transféré au Fort de la Citadelle, sur l'île d'Yeu (Vendée). Son épouse, installée à son tour dans l'île, bénéficia d'un droit de visite quotidien.
La santé du Maréchal Pétain déclina à partir du début de l'année 1951, les moments de lucidité devenant de plus en plus rares. Eu égard à cette situation, le Conseil supérieur de la magistrature, présidé par Vincent Auriol, président de la République, en vue d'adoucir une fin prévisible, autorisa le 8 juin 1951 l'« élargissement » et la résidence « dans un établissement hospitalier ou tout autre lieu pouvant avoir ce caractère ». Le transfert dans une maison privée de Port-Joinville eut lieu le 29 juin 1951, et le Maréchal mourut paisiblement le 23 juillet 1951 et fut inhumé le surlendemain dans le cimetière marin de l'île d'Yeu.
Dans les années 1970 eut lieu un épisode rocambolesque : sa dépouille fut enlevée par des personnes se réclamant de sa mémoire, et désireuses d'obtenir le transfert de ses cendres au Fort de Douaumont (Verdun), près des centaines de milliers de soldats français qui y sont tombés, conformément à ses dernières volontés.
Tous les Présidents de la République s'étant succédé entre 1951 et 1995 ont régulièrement fait fleurir la tombe du Maréchal Pétain, le premier à déroger à cet usage étant Jacques Chirac.
Compte tenu de la peine d'indignité nationale prononcée le 15 août 1945, le Maréchal Pétain fut radié de l'Académie française. Toutefois, l'Académie n'a pas élu de remplaçant de son vivant au 18 fauteuil, égard auquel eut également droit Charles Maurras (tandis qu'Abel Bonnard et Abel Hermant y étaient remplacés dès 1946).
La condamnation à l'indignité nationale ne s'étendit pas à la dignité de Maréchal de France, qui figure en toutes lettres dans l'acte de décès du Maréchal Pétain.
Un bémol à ces constatations historiques
En dépit de tous ses actes effectifs de collaboration, la culpabilité de Philippe Pétain pendant la Seconde Guerre mondiale ne fait pas une totale unanimité.
Une association pour la défense de la mémoire du maréchal Pétain a été créée pour rechercher sa réhabilitation. La démarche de cette association a consisté à mettre en balance la longue liste des actes de collaboration avérés du Maréchal, avec ses intentions réelles ou supposées.
La Cour Européenne de Strasbourg a certes reconnu dans un [http://www.marechal-petain.com/strasbourg.htm arrêt du 23 septembre 1998], le droit à la défense du Maréchal Pétain dans le cadre de l'affaire opposant le gouvernement français à l'Association pour Défendre la Mémoire du Maréchal Pétain ou [http://www.admp.org ADMP].
Mais cette reconnaissance, basée sur le droit à la liberté d'expression, n'implique aucune approbation par la Cour Européenne du rôle du Maréchal Pétain, dont elle n'aurait pas compétence pour juger.
À l'occasion de cette procédure pénale qui aura duré 14 ans, et avec la participation du gouvernement britannique, cette association a mis à jour de nombreux documents de communication entre Philippe Pétain et le Royaume-Uni pendant l'occupation, permettant, selon elle, de reconsidérer de façon plus solide l'hypothèse d'un double-jeu mené par le Maréchal durant la seconde guerre mondiale.
Notons toutefois que l'existence de telles communications occultes entre États est la règle en temps de guerre (comme les Hitlériens en eurent, en 1945, avec les Soviétiques et les Alliés de l'Ouest), et n'implique pas nécessairement un double jeu.
Un nombre moindre de Juifs auraient été exterminés en France que dans les pays européens voisins. Il faut également considérer le fait que Pétain s'est laissé conduire en Allemagne à la libération, pour ensuite rejoindre la Suisse et demander à rentrer. Pourquoi un homme coupable de haute trahison, tiendrait-il à revenir en France ?
Les tenants de cette thèse estiment que Philippe Pétain aurait été le bouc émissaire idéal de l'après-guerre, jugé par une histoire française mal assumée.
Peut-on juger Pétain aujourd'hui ?
Il est clair que Pétain suscite encore des polémiques, son culte étant l'un des marqueurs symboliques de certains courants de l'extrême-droite française. « C'est moi seul que l'Histoire jugera. », déclare-t-il à la radio de Vichy le 30 octobre 1940.
Les partisans de Pétain redoublent donc d'efforts pour accréditer les mythes de la sénilité, les explications douteuses sur la poignée de main de Montoire sans oublier la théorie du bouclier qu'aurait été Pétain parallèlement à l'épée de De Gaulle. Certains ouvrages, à la suite de celui de l'historien Robert Aron qui accréditait cette thèse en 1950, avant l'ouverture de nouvelles archives) s'en sont encore fait l'écho, tel le Vichy de François-Georges Dreyfus. Même si la citation du général de Gaulle sur laquelle s'appuyait cette théorie est considérée aujourd'hui comme apocryphe, cela n'interdit pas de penser qu'elle contienne une part de vérité.
À vrai dire le régime de Vichy n'a pas empêché les violences contre les Français et les a même favorisées en mettant sa police et ses dossiers au service des occupants. Par ailleurs, si la polonisation de la France ne commence pas dès 1940 c'est bien parce que, dans la doctrine nazie, Slaves et Latins n'occupent pas le même rang dans la prétendue hiérarchie raciale de l'humanité. Reste qu'au moment où elle l'a souhaité, l'armée allemande a commis les massacres de Tulle et Oradour-sur-Glane... d'autres actes de répression étant commis avec la complicité de la milice française.
Au demeurant, ce sont les actes et non les intentions qui font l'histoire. C'est donc sur la base des actes que l'historien impartial doit se fonder pour formuler un jugement. Or pour Pétain le travail est complexe, puisque il est établi que tous ses actes ne sont pas allés dans le même sens.
Par ailleurs, l'historien, le professeur, n'a pas à se positionner par rapport à Pétain et l'histoire ne juge pas. Elle détermine les faits, propose et examine des explications. L'explication qui convient ici le mieux est qu'une partie des élites françaises politiques et administratives, remâchant sa rancœur, née du Front Populaire, voire de l'affaire Dreyfus, voire de l'opposition aux valeurs fondées sur la mémoire de 1789, a profité de l'occasion que lui offrait juin 1940 pour régler des comptes et établir un régime qui correspondait à ses aspirations. Ce fut chose faite en juillet 1940. Sous l'œil de l'occupant.
Cette explication est toutefois à nuancer : on trouve en effet dans le gouvernement du maréchal Pétain des dreyfusards, des hommes de gauche, et tous sont loin de remettre en cause les principes de 1789.
Sources et bibliographie
- Marc Ferro, Pétain, Hachette Littérature Poche 1993
- Henri Amouroux, La vie des français sous l'occupation - Le Livre de poche
- Henri Michel, Vichy, année 40, Robert Laffont, Paris, 1967.
- William Langer, Le jeu américain à Vichy, Plon, Paris 1948.
- Jean-Pierre Azéma et François Bedarida,Vichy et les Français, Paris, Fayard, 1996.
- François-Georges Dreyfus, Histoire de Vichy, Éditions de Fallois, 2004
- Général Albert Merglen, Novembre 1942: La grande honte, L'Harmattan, Paris 1993.
- de Maurepas, Robert, Thibault, Les Grands Hommes d'Etat de l'Histoire de France, Larousse, 1989, pages 450-453. ISBN 2-03-740030-6.
- Général Jacques Le Groignec, Pétain, Nouv.eds Latines ; 1991
Extrait du Protocole de Collaboration militaire de Paris,
concernant la Syrie et l'Irak, signé par l'Amiral Darlan et l'Ambassadeur Abetz en date du 28 mai 1941 (mais appliqué dès le 6 mai 1941)
I. - SYRIE - IRAK
1. - Le gouvernement français s'engage à donner satisfaction aux désirs suivants du Haut Commandement allemand :
a) Accords de principe sur la cession à l'Irak, contre paiement, du matériel de guerre stocké en Syrie, jusqu'à concurrence des trois quarts de l'ensemble du matériel, ainsi qu'il a été fixé antérieurement...
b) Pendant là durée de l'état de choses actuel en Irak, escale et ravitaillement dans la mesure du possible, des avions allemands et italiens avec octroi à l'Armée de l'air allemande d'un point d'appui dans te nord de ta Syrie (Alep) ;
c) Utilisation de ports, routes et voies ferrées syriens, pour livraison à destination de l'Irak ;
d) Sur instructions précises à donner par le Haut Commissaire français, instruction donnée en Syrie, à des soldats irakiens, en ce qui concerne le maniement des armes françaises cédées ;
e) Transmission au Haut Commandement allemand... de tous renseignements recueillis par le commandement français sur les forces et sur les mesures de guerre anglaise dans le Proche-Orient;
...
Le gouvernement français déclare, en outre que le Haut Commissaire français accordera des prestations nouvelles. selon la situation et dans la mesure du possible, sur demande des services allemands locaux ;
il affirme, par ailleurs, que, en vue de maintenir en Syrie et au Liban la Souveraineté française; il est décidé à défendre ces territoires contre toute attaque, avec tous les moyens dont il dispose.
...
Ce texte, qui prévoyait aussi d'autres dispositions de collaboration militaire entre la France et l'Allemagne, concernant l'Afrique du Nord, l'AOF et l'AEF, a été intégralement appliqué par le général Dentz en ce qui concerne la Syrie et l'Irak.
Intervention personnelle du Maréchal Pétain pour l'application en Syrie du protocole de collaboration militaire avec l'ennemi de Paris
Télégramme du 15 mai 1941 à 16 h 30 :
« Le maréchal Pétain chef de l'Etat à monsieur le général Dentz haut-commissaire de France en Syrie 635.
L'amiral de la flotte Darlan vous a télégraphié hier au sujet des négociations franco-allemandes.
Je tiens à insister personnellement sur la haute portée de ces négociations et sur la volonté que j'ai de poursuivre sans arrières-pensées la politique qui s'en dégage.
L'allusion faite à la Syrie doit vous confirmer dans votre désir de défendre par tous les moyens, le territoire placé sous votre autorité, d'assurer comme à Dakar la liberté de son ciel, d'y donner dans des conditions que je sais politiquement et matériellement délicates, la mesure de notre désir de collaboration à l'ORDRE NOUVEAU.
Je vous fais confiance. » Ph. Pétain.
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Allemagne
L'Allemagne (nom officiel en français : République fédérale d'Allemagne) est un pays d'Europe, membre du Conseil de l'Europe (1951), de l'OCDE, de l'Union de l'Europe Occidentale (1954), de l'OTAN (1955), de l'Union européenne (1958), de l'ONU (1973), de l'OSCE et de la zone euro.
Histoire
Article détaillé : Histoire de l'Allemagne
Même si l'allemand et le sentiment national germanique datent de plusieurs siècles, le territoire connu maintenant comme l'Allemagne ne fut créé qu'en 1871, lorsque la Confédération de l'Allemagne du Nord, alors dominée par la Prusse, et les États du sud (le grand-duché de Bade, les royaumes de Wurttemberg et Bavière) devinrent l'Empire allemand.
L'Allemagne, qui était devenue une des puissances politiques majeures en Europe s'engagea dans la Première Guerre mondiale aux côtés de l'Autriche-Hongrie (1914) et envahit la France. Après les premiers assauts, la guerre s'orienta vers une longue et lente guerre de position dans les tranchées, meurtrière d'un côté comme de l'autre. Elle prit fin en 1918, et l'empereur allemand, le Kaiser dut abdiquer en raison de la révolution allemande. Lors du traité de Versailles, l'Allemagne fut jugée responsable de la guerre.
Le pangermanisme dévoyé en un nationalisme raciste, le ressentiment contre les conditions du traité de Versailles et les conséquences particulièrement dures de la crise économique mondiale de 1929 permirent au NSDAP (parti nazi) d'Adolf Hitler d'accéder au pouvoir en 1933. Aussitôt, Hitler élimina toute opposition et prit le contrôle absolu de l'État allemand. En 1935, l'Allemagne devint officiellement antisémite en promulguant les lois de Nuremberg. La politique d'Hitler consistant à annexer ou envahir ses voisins finit par provoquer la Seconde Guerre mondiale le 1 septembre 1939.
L'Allemagne domina le début du conflit. Elle conquit une grande partie de l'Europe, de l'URSS, de l'Afrique du Nord. Mais en 1942-1943, la guerre tourna au profit des pays alliés : le Royaume-Uni, les États-Unis, l'URSS qui écrasèrent finalement les armées de l'Axe, envahissant notamment Berlin. Le 30 avril 1945, Hitler se suicida.
1945
Dévastée par la guerre, l'Allemagne et Berlin furent divisés en quatre secteurs, chacun étant contrôlé par une des nations vainqueurs (y compris la France). L'Allemagne fut finalement divisée en deux parties durant toute la guerre froide : la RFA (République fédérale d'Allemagne) à l'ouest et la RDA (République démocratique allemande) à l'est. Les territoires plus à l'est furent intégrés à la Pologne et à l'URSS.
L'Allemagne de l'Ouest retrouva la croissance économique bien plus vite que l'Allemagne de l'Est. À la chute du mur de Berlin, symbole de la réunification de l'Allemagne, en novembre 1989, les deux pays ne possédaient pas du tout le même niveau économique. Cette différence se ressent aujourd'hui encore et l'Est reste plus pauvre que l'Ouest. Le coût de la réunification a entraîné d'importantes difficultés économiques pour le pays depuis les années 1990. Son unification a cependant permis d'en faire une nation politiquement incontournable au sein de l'Union européenne.
Géographie
Union européenne
Article détaillé : Géographie de l'Allemagne
Superficie : 357 005 km²
Frontières terrestres : 3 618 km (Autriche 784 km ; Tchéquie 646 km ; Pays-Bas 577 km ; Pologne 456 km ; France 451 km; Suisse 334 km ; Belgique 167 km ; Luxembourg 135 km ; Danemark 68 km)
Littoral : 2 389 km
Extrémités d'altitude : - 2 m > 2 962 m (la Zugspitze)
Voir aussi:
- Liste des îles d'Allemagne
- Villes d'Allemagne
Économie
Article détaillé : Économie de l'Allemagne
L'Allemagne enregistre le plus grand PIB de l'Union européenne. La Commission européenne lui a reproché à plusieurs reprises le dépassement des 3 % de déficit autorisé par le Traité de Maastricht. Le taux de chômage est de 11.5 % en novembre 2005 (11 % janvier 2004, 12.1 % en janvier 2005) et le nombre de chômeurs s'élève à plus de 5 millions.
Avant la mise en place de l'euro le 1er janvier 1999, l'unité monétaire allemande était le Deutsche Mark.
Démographie
Deutsche Mark
Article détaillé : Démographie de l'Allemagne
Le pays une fois réuni est devenu démographiquement la nation la plus importante de l'Union européenne. Cependant, sa population vieillit et décroît naturellement, et seule l'immigration empêche une baisse de la population.
Population : 83 029 536 habitants (en 2001). 0-14 ans : 15,57 % ; 15-64 ans : 67,82 %; + 65 ans : 16,61 %
Densité : 232 hab./km²
Espérance de vie des hommes : 75 ans (en 2000)
Espérance de vie des femmes : 81,1 ans (en 2000)
Taux de croissance de la pop. : 2,7 ‰ (en 1997)
Taux de natalité : 9,16 ‰ (en 1997)
Taux de mortalité : 10,42 ‰ (en 1997)
Taux de mortalité infantile : 4,71 ‰ (en 2001)
Taux de fécondité : 1,4 enfants/femme (en 2001)
Taux de migration : 4 ‰ (en 2001)
Personnes d'origine musulmane : 3,2 millions dont 2,5 millions sont turcs (2004)
Culture
Article détaillé : Culture de l'Allemagne
L'Allemagne est la terre natale de compositeurs tels Beethoven, Bach, Brahms, Schumann, Wagner ou Carl Orff; de poètes tels Goethe, Schiller et Heine ; de philosophes tels Kant, Hegel, Karl Marx et Nietzsche, théologiens tels Luther et Bonhoeffer, d'écrivains tels Hermann Hesse, Thomas Mann et Grass ; de scientifiques tels Einstein, Born, Planck, Heisenberg, Hertz et Bunsen; et d'ingénieurs tels Otto, Daimler, Benz, Diesel et Linde.
- Langues régionales d'Allemagne
- Fêtes et jours fériés d'Allemagne
- Hymne national : Das Lied der Deutschen
Les grandes organisations du culte en Allemagne sont la Evangelische Kirche in Deutschland et l'Église catholique romaine. La troisième organistion du culte est l'église orthodoxe grecque. L'église orthodoxe serbe est la sixième organisation du culte en Allemagne. La quatrième organisation du culte en Allemagne est l'Église apostolique arménienne. Plus connus sont les Témoins de Jéhovah, qui sont en 5 place.
- Liens vers des statistiques sur les religions en Allemagne: [http://www.remid.de]
Divers
Lignes de téléphone : 150,2 millions (en 1997)
Téléphones portables : 65 millions (en 2005)
Postes de radio : 77,8 millions (en 1997)
Postes de télévision : 51,4 millions (en 1998)
Utilisateurs d'Internet : 25 millions (en 2005)
Nombre de fournisseurs d'accès Internet : 123 (en 2000)
Routes : 656 140 km (dont 650 891 km goudronnés) (en 1998)
Voies ferrées : 40 826 km (en 1998)
Voies navigables : 7 500 km
Nombre d'aéroports : 613 (dont 322 avec des pistes goudronnées) (en 2000)
Voir aussi
Articles connexes
- Liste des noms français de toponymes allemands
- Gouvernement Angela Merkel(2)
- Liste d'Allemands célèbres
- Liste des quotidiens allemands
- Luftwaffe (Aviation militaire allemande)
- La naissance du nationalisme allemand en Prusse au début du XIXème siècle
Liens externes
- [http://lallemagneexpliquee.free.fr/ L'Allemagne expliquée : un site qui explique l'Allemagne, sa culture, ses traditions et les coutumes aux français]
- [http://www.bund.de/ Portail de l'administration allemande]
- [http://www.backinjob.de Travail en Allemagne]
- [http://www.amb-allemagne.fr/ Ambassade d'Allemagne en France]
- [http://www.deutschland.de/home.php?lang=3 Portail officiel culturel (en français)]
- [http://www.stadtpanoramen.de/ Des villes en images panoramiques]
- [http://fr.jurispedia.org/index.php/Allemagne Le droit allemand sur Jurispedia]
- [http://dw-world.de/ Deutsche Welle]
- [http://www.campus-germany.de/french Études et recherche en Allemagne]
- [http://www.dwellan.biz/documents/tourisme-en-allemagne.html Le tourisme en Allemagne]
- , [http://katalogdeutsch.net Katalog Deutsch] Annuaire de ressources pour l'Allemagne et la langue allemande]
-
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Italie
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Population active
La population active se définit comme l'ensemble des personnes ayant un emploi, salarié ou à leur compte, une occupation rémunérée par opposition à bénévole (et en principe autrefois esclave), ou qui sont à la recherche d'un emploi. Ce sont celles aptes au travail en raison de leur âge, de leurs capacités et de leur disponibilité.
Définition selon l'INSEE
En France, l'INSEE pour ses statistiques définit de manière légèrement différente la population active. Selon elle, pour qu'une personne soit considérée comme active, elle doit :
- exercer une profession (salariée ou non), même à temps partiel
- aider un membre de la famille dans son travail (même sans rémunération)
- être apprenti, stagiaire rémunéré ...
- être militaire du contingent (tant que cette situation existait)
- être chômeur à la recherche d'un emploi
Régime de Vichy
ja:ヴィシー政権
Catégorie: Gouvernement de la France
Catégorie:Régime de Vichy
Ce fut le régime politique de la partie sud de la France et des colonies françaises (avant leur libération) entre juin 1940 et août 1944.
L'expression Régime de Vichy est un terme en toute rigueur impropre car son extension n'était pas limitée à cette ville, qui n'était même pas sa capitale (seulement le siège du gouvernement), et dont ses protagonistes n'étaient pas originaires. Mais l'usage populaire a prévalu, malgré la désignation qui était officiellement la sienne : l'État français.
Les circonstances
Prologue : la défaite de 1940 et l'invasion allemande
En réponse à l'invasion de la Pologne par les troupes d'Adolf Hitler, la France et le Royaume-Uni déclarent la guerre au III Reich. Adoptant alors une stratégie défensive, les deux alliés, au lieu d'envahir l'Allemagne dont l'armée est occupée en Pologne, laissent celles-ci régler tranquillement leur compte aux troupes polonaises. La vitesse à laquelle l'armée polonaise, pourtant organisée avec les conseils français, s'effondre (à peine plus d'une semaine !) renforce le mythe d'une armée allemande invincible. Les français restent donc derrière la ligne Maginot et "jouent la montre" : le blocus maritime qui provoquera l'effondrement allemand comme en 14-18. C'est la drôle de guerre. Mais le 10 mai 1940, Hitler attaque en envahissant les Pays-Bas, le Luxembourg et la Belgique. Le commandement français s'y attendait et lance ses troupes à la défense de la Belgique, comme prévu. Utilisant à plein les concepts des novateurs français de 1918, ignorés par leur propre commandement (choc et rapidité, couple char-avion, concentration), le fer de lance de l'armée allemande (une dizaine de divisions blindées) traverse le massif des Ardennes, jugé impénétrable par les généraux français (et donc mal défendu, et mal soutenu lorsque l'attaque apparu évidente) et encercle du sud vers le nord l'armée franco-britannique engagée en Belgique.
Début juin la messe est dite. Le gouvernement quitte Paris. Les consignes du gouvernement (qui gardait un mauvais souvenir des millions de contribuables et travailleurs en zone envahie, et donc perdus), la haine du "boche" et la terreur savamment entretenue par les allemands eux-mêmes (attaques de la Luftwaffe sur les routes) provoquent et amplifie l'exode de centaines de milliers de civils sur les routes du pays, ruinant la logistique militaire française. La bataille de France était perdue, en dépit de la résistance farouche et héroïque de nombreuses unités. La campagne militaire cause près de 100 000 morts français et 40 000 allemands, et les Allemands capturent plus de deux millions de prisonniers.
Le 10 juin 1940, Mussolini, allié de Hitler, déclare la guerre à la France, mais ne parvient pas à faire avancer ses troupes à travers les Alpes bien défendues. Franco, sollicité, refuse d'entrer en guerre contre la France, même lorsque l'effondrement français est patent.
La demande d'armistice
Fin mai et début juin, c'est la panique aussi dans le monde politique et militaire. Les uns se résignent à la défaite et réclament l'armistice, les autres veulent poursuivre la lutte comme promis aux Anglais, en s'appuyant sur les colonies et notamment l'Algérie.
C'est le premier camp, soutenu par le général Maxime Weygand le maréchal Pétain, Pierre Laval et Darlan, qui l'emporte. Le général de Gaulle se réfugie à Londres, où il prononce son appel devenu célèbre mais passé relativement inaperçu dans le chaos ambiant. Le noyau de la France Libre se constitue alors, avec d'autre réfugiés français. D'autres se réfugient en Amérique.
Le président du Conseil Paul Reynaud, qui lui voulait continuer la lutte, préfère démissionner le 16 juin 1940 sous la pression.
Le président de la République nomme alors Philippe Pétain à sa place. Le lendemain, ce dernier annonce à la radio que la France doit cesser le combat et demander l'armistice. Le gouvernement Pétain, constitué à Bordeaux le 17 juin, et le parlement s'installèrent en juillet à Vichy, ville calme, en zone non occupée, et disposant de grandes capacités hôtelières.
La délégation française doit aller signer l'armistice le 22 juin 1940, dans le wagon même qui avait servi de cadre à l'armistice de la Première guerre mondiale et devant le monument de l'armistice qui parlait de l'orgueil criminel de l'Empire Allemand vaincu par les peuples qu'il voulait faire esclaves et que Hitler a fait ensuite exploser sous les caméras (quant au wagon il a été emporté à une musée berlinois où il fut détruit par un bombardement allié en 1943). L'Allemagne entendait ainsi effacer la défaite de la première guerre mondiale et humilier la France.
Les conditions de l'armistice sont draconiennes : la moitié nord, ainsi que la côte atlantique, passent sous occupation allemande.
La France doit pourvoir à l'entretien de l'armée d'occupation et payer une indemnité de guerre qui s'élevait à 400 millions de francs par jour.
En outre, la convention d'armistice, à l'article 8, alinéa 2, prévoit que les vaisseaux de guerre rejoignent leurs ports d'attache du temps de paix, dont certains, comme Brest, se trouvaient en zone occupée ("La désignation de ces ports sera faite d'après les ports d'attache des navires en temps de paix").
Face à ce risque insupportable (car, la marine française était une force significative) le Premier ministre britannique Winston Churchill envoya le 3 juillet 1940, une flotte britannique sommer la flotte française de Mers el-Kébir, de se joindre à elle, ou de rejoindre les Antilles françaises. L'amiral français rejeta l'ultimatum, sans informer Vichy de toutes les possibilités ouvertes par celui-ci, dont celle de rejoindre les Antilles françaises pour se mettre à l'abri des allemands. Il s'ensuivit un combat naval, au cours duquel les principales unités françaises sont détruites.
En outre, l'Italie revendique l'ancien comté de Nice et la Savoie qui sont, malgré l'insuccès des opérations militaires, occupés par des troupes italiennes.
L'instauration du pouvoir personnel
- Le parlement fut réuni en Assemblée Nationale (Sénat + Chambre des Députés) le 10 juillet 1940, et attribua les « pleins pouvoirs » au maréchal Pétain, sous la pression conjuguée des circonstances et des extrêmes pour une fois réunis, pacifistes dreyfusards et anti-sémites pro-allemands, en confiant à ce haut personnage la mission d'élaborer une nouvelle constitution. Seuls 80 parlementaires votèrent contre.
- a posteriori (et comme quelques rares voix ont pu le dire à l'époque), cette réforme peut nous apparaître comme grossièrement inconstitutionnelle, car la compétence de révision confiée par la constitution de 1875 à l'Assemblée Nationale n'était pas la propriété particulière de cette dernière, mais sa FONCTION exclusive. Selon nos conceptions juridiques modernes, certains trouvent donc évident que l'Assemblée ne pouvait ni déléguer ni transférer cette fonction à quiconque. Néanmoins, la troisième République avait une conception pratiquement illimitée de la compétence de l'Assemblée Nationale, qui pouvait par exemple autoriser le gouvernement à promulguer des lois par décret. Cependant, il demeure que la confusion de tous les pouvoirs (constituant, législatif, exécutif et judiciaire) entre les mains d'un seul homme était totalement contraire aux fondements mêmes de la constitution de 1875 : compréhensible pour gagner la guerre, lorsque les circonstances semblent l'exiger (comme il en existe de multiples exemples historiques), cette concentration était injustifiable pour demander la paix.
- C'est ainsi que les actes adoptés le 10 juillet 1940 par le Sénat et la Chambre des députés réunis en Assemblée nationale à Vichy, instaurèrent un « État français » à la place de la République. Bientôt, la devise républicaine allait être remplacée par la devise « Travail, Famille, Patrie » tandis que la chanson « Maréchal, nous voilà ! » allait concurrencer la Marseillaise (officiellement conservée).
- Le gouvernement de Vichy eut pour chef Pierre Laval 1940, puis l'amiral François Darlan en 1941 et 1942, et à nouveau Pierre Laval, jusqu'à la chute du Régime de Vichy en 1944.
- Pour la majorité des Français, complètement désemparés par l'exode massif et la défaite militaire, puis soulagés par l'armistice, les circonstances de l'instauration du nouveau régime étaient sans importance, et le remplacement d'une république vaincue par un régime adapté à la période de guerre et d'occupation, une évidence.
- De plus, le vieux Maréchal, dont le patriotisme paraissait au-dessus de tout soupçon et l'honnêteté incontestable, leur inspirait confiance. Le prestige qu'il avait gagné pendant la Première guerre mondiale (bataille de Verdun) renforçait son image de sauveur de la patrie. D'autant que la radio et les journaux ne cessaient de vanter ses mérites. Certains allaient même jusqu'à s'imaginer qu'à sa simple vue, les Allemands impressionnés abaisseraient leurs exigences et appliqueraient à la France un traitement favorable. C'est ainsi qu'à la faveur de la défaite, Pétain devint l'icône d'un régime dictatorial.
La mise en place d'un régime autoritaire et des lois d'exclusion
Le régime de Vichy est un mélange original de socialisme et de paternalisme, de pacifisme et de patriotisme. Les frontières politiques sont complètement brouillées par les circonstances. Les objectifs sont également assez confus : le régime est né d'une conception purement métropolitaine de la France, mais c'est dans les colonies qu'il dispose d'une vraie autonomie. Il en résulte des orientations qui apparaissent surtout a posteriori
- un déni de réalité, similaire à celui de l'Allemagne de 1918 : les anciens combattants victorieux de la première guerre mondiale ne peuvent pas admettre que la défaite est d'abord militaire. C'est donc la société entière qui est coupable, et aussi les Anglais qui ont trahi, et les américains qui n'étaient pas là quand on avaient besoin d'eux, etc. ce thème sera exploité et renforcé avec l'affaire de Mers El-Kébir et les premiers bombardements alliés sur des objectifs en France.
- une forme de Realpolitik : la France est vaincue, il vaut mieux se soumettre à l'Allemagne que tenter une vaine résistance, dont l'expérience de 1871 a montré les limites et les dangers. Et puis l'Allemagne ayant vaincu la France ne peut que vaincre, il vaut donc mieux se rendre utile que s'en faire un ennemi.
- le thème de l'imitation : l'Allemagne n'a pas vaincu par hasard mais grâce à une politique globale qu'il faut imiter. L'antisémitisme apparaît comme une composante majeure, mais les autres composantes sont là : l'enrôlement de la jeunesse, le culte de la santé et de la culture physique, le thème de la mère de famille, le culte du chef, le thème du retour aux vraies et anciennes valeurs, l'anticommunisme, le militarisme, etc.
- le thème de la faute, et même du | | |